{"id":571,"date":"2024-09-03T10:42:04","date_gmt":"2024-09-03T08:42:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.flygmaskin.be\/?page_id=571"},"modified":"2026-02-03T15:40:38","modified_gmt":"2026-02-03T14:40:38","slug":"des-textes","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.flygmaskin.be\/index.php\/des-textes\/","title":{"rendered":"les textes"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\">(Extraits du spectacle)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u00e9crits par <strong>Muriel De Borman<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Alt\u00e9rer<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Alt\u00e9rer&nbsp;: modifier l\u2019\u00e9tat normal, la vraie nature de quelque chose. Alt\u00e9rer le cours de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une certaine mani\u00e8re, \u00e0 un moment donn\u00e9, il appara\u00eet avec \u00e9vidence que de cette vall\u00e9e j\u2019ai refus\u00e9 de descendre.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai refus\u00e9. Et ce refus est un r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis encore l\u00e0, face \u00e0 ton sourire inquiet, le geste de ta main, tes mouvements familiers. Rest\u00e9e dans l\u2019instant.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis rest\u00e9e l\u00e0, tu sais&nbsp;?<br>Et de fil en aiguille, une part de moi est encore l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Et je viens m\u2019y alt\u00e9rer. Je viens puiser en nous.<br>Et du coup, le flux de cette histoire, imperceptiblement, je le d\u00e9vie, tu vois. Il d\u00e9vie.<br>Moi&nbsp;? Je vais m\u2019y alt\u00e9rer\u2026<br>Et je reste assoiff\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que je ne serai jamais d\u00e9salt\u00e9r\u00e9e<br>de toi, de vous\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>On ne se d\u00e9salt\u00e8re jamais des autres, c\u2019est un contresens.<br>On reste soi.<br>On reste soi et on se modifie, on se cherche assur\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p>Et dans nos souvenirs \u00e9mouss\u00e9s, de plus en plus lointain,<br>dont on retisse l\u2019assurance avec minutie, on s\u2019alt\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>On s\u2019alt\u00e8re \u00e0 nos souvenir<br>et ce n\u2019est plus toi, ni moi, ni nous ce jour l\u00e0, ce sont nos souvenirs de l\u2019un et l\u2019autre.<br>Ce ne sont plus moi, ni toi, ni nous ce jour l\u00e0, ce sont nos souvenirs pris l\u2019un dans l\u2019autre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est tragique et r\u00e9jouissant parce que finalement on devient autre<br>et dans le m\u00eame temps on se prends avec soi, on s\u2019entra\u00eene dans nos vies,<br>on puise dans nos silences et on se nourrit du fant\u00f4me des instants.<br>Cannibales des lieu, des geste et des parfums.<br>Tandis que depuis un certain temps d\u00e9j\u00e0, de cette vall\u00e9e, on a disparu\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Tandis que depuis un certain temps d\u00e9j\u00e0,<br>de cette vall\u00e9e, on a disparu\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Fleuve<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un fleuve singulier. Une singularit\u00e9 fluide.<br>Son cours a chang\u00e9. Sa source opaque tient du silence.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un fleuve qui r\u00e9sonne,<br>Qui fait \u00e9cho \u00e0 ce qui avance&nbsp;:<br>amas de branches \u00e0 la d\u00e9rive,<br>bouteilles, ballons pris de vitesse par celle du courant,<br>tout ce qui afflue,<br>Vas-t-en savoir\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il fait \u00e9cho \u00e0 ce qui file, s\u2019\u00e9vapore, reste \u00e0 distance.<br>Et dans son flux, r\u00e9sonne ce que tu appelles depuis la rive,<br>ce que tu appelles rive,<br>o\u00f9 tu amarres tes certitudes.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un fleuve.<br>Et tes pas sur le bitume,<br>le vol rapide des chauves-souris dans le jour qui d\u00e9cline,<br>les reflets \u00e9tranges des gouttes d\u2019eau sous le pont,<br>n\u2019y feront rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Les p\u00e9niches bouleversent \u00e0 peine ses mouvements.<br>Et si elles d\u00e9font les flots,<br>laissent les effluves de fuel en suspens,<br>aucun trajet ne pourrait \u00eatre trac\u00e9,<br>aucun trait pr\u00e9lev\u00e9 de ses reflets.<br>Le flot vague.<\/p>\n\n\n\n<p>Et si les ressacs \u00e9rodent les rives b\u00e9tonn\u00e9es,<br>rouillent les rambardes qu\u2019on appelle garde fous<br>lorsqu\u2019il s\u2019agit de corps, de vies, d\u2019attractions, de soupape, de vent&nbsp;;<br>lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019oscillations, d\u2019ivresse, de d\u00e9sespoir, d\u2019accidents\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il reste ce fleuve<br>qui appelle ton regard,<br>effleure peut-\u00eatre tes pens\u00e9es ou tes pas,<br>disperse ton inqui\u00e9tude.<br>Il ne te h\u00e8le pas, tu entends&nbsp;?<br>Il est flot.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Il pleut<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il pleut. Avec la pluie, c\u2019est la marge onirique du temps qui se dilate.<br>Alors, je me replonge dans des images mais je n\u2019entends plus aucune voix.<br>Pas sure de voir grand-chose, peut-\u00eatre que plus rien n\u2019existe, que dans les projections s\u2019\u00e9puisent les derniers soupirs de l\u2019automne, qu\u2019il n\u2019y a rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, il reste les photographies aphones<br>mais il me manque les voix, les rires \u00e9chang\u00e9s.<br>Ils me manquent.<br>Le mouvement des regards, le contenu des voix, j\u2019\u00e9tais saoule, je crois.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne me souviens plus tr\u00e8s bien.<br>J\u2019\u00e9tais ailleurs.<br>Peut-\u00eatre que ce n\u2019\u00e9tait pas moi.<br>Peut-\u00eatre que je voulais ne pas \u00eatre l\u00e0.<br>J\u2019\u00e9tais lasse.<br>Je baissais les bras.<br>Avec allure, avec orgueil, avec de moins en moins de classe et de moins en moins l\u00e0, de moins en moins moi.<br>Je baissais la garde et mon image s\u2019\u00e9tiolait&nbsp;: double, diffuse, \u00e9parse.<\/p>\n\n\n\n<p>Bient\u00f4t je ne parlais plus ou pas vraiment ou pas de mani\u00e8re \u00e0 \u00eatre comprise.<br>Perdue dans mon sourire perdue dans le tiens aussi, tiens.<br>Perdue dans ta voix dont le fil \u00e9gar\u00e9 collait encore \u00e0 tes l\u00e8vres et \u00e9tait-ce vraiment toi, d\u2019ailleurs&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Il pleut, avec la pluie, c\u2019est la marge onirique du temps qui se dilate.<br>Il pleut et comme une soupape, ce moment distendu, cet esquif fluet sur lequel je me d\u00e9pose, comme chaque goutte raconte dans le reflet de cette flaque<br>ce que mes mots qui s\u2019entrem\u00ealent ne parviennent pas \u00e0 dire&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>On peut aussi arpenter la nuit, les paysages intestins, les querelles inutiles. On peut arpenter la douceur centim\u00e8tre par centim\u00e8tre et finir hors des sentiers, hors du battement des vents, hors des lits des rivi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme une soupape, ce moment distendu, cet esquif fluet sur lequel je me d\u00e9pose, comme chaque goutte raconte dans le reflet de cette flaque<br>ce que mes mots qui s\u2019entrem\u00ealent ne parviennent pas \u00e0 dire&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>On peut aussi arpenter la nuit, les paysages intestins, les querelles inutiles. On peut arpenter la douceur centim\u00e8tre par centim\u00e8tre et finir hors des sentiers, hors du battement des vents, hors des lits des rivi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>La cr\u00eate<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur la cr\u00eate, les arbres nus laissent transpara\u00eetre la lumi\u00e8re,<br>de loin, je suis ton ascension.<br>Sur la cr\u00eate, les arbres nus laissent transpara\u00eetre la lumi\u00e8re<br>de loin, je suis ton ascension.<br>J\u2019y suis presque, presque l\u00e0, \u00e0 gravir la cr\u00eate o\u00f9 ta silhouette se d\u00e9tache des troncs<\/p>\n\n\n\n<p>Je t\u2019observe de loin, je projette mon regard<br>et petit \u00e0 petit, je ne sais plus trop, en fait, si je te vois<br>ou si je t\u2019imagines\u2026<br>Si c\u2019est la distance qui fait illusion ou les troncs nus.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la cr\u00eate, les arbres laissent transpara\u00eetre la lumi\u00e8re<br>de loin je suis ta mont\u00e9e<br>j\u2019y suis presque, presque l\u00e0, \u00e0 gravir la cr\u00eate<br>o\u00f9 ta silhouette se d\u00e9tache des troncs<\/p>\n\n\n\n<p>Et peu importe l&rsquo;illusion, je te couve des yeux<\/p>\n\n\n\n<p>Je te couve des yeux<br>Et dans ce que mon regard couve, tu vois,<br>dans ce que tu ne vois pas,<br>ce que je couves et que je ne vois pas non plus,<\/p>\n\n\n\n<p>dans cette illusion<br>tenant du mirage, \u00e0 bout de bras&nbsp;:<br>d\u00e9bris de l\u2019enfance, vertiges cr\u00e9pusculaires,<br>s\u2019enracine l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>A distance, toute sa puissance, sous mes yeux.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9cieux<br>ce que je couve,<br>comme on dirait d\u2019un feu.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que mon regard couve,<br>que tu ne vois pas,<br>ce que je couves et que je ne vois pas non plus,<br>cette illusion<br>charrie,<br>les plumes, tu vois, tous les bourgeons.<\/p>\n\n\n\n<p>Fortuit,<br>ce que je couve,<br>comme on dirait d\u2019un feu.<br>D\u00e9tachant les regrets, survolant la plaine,<br>dans la lumi\u00e8re du printemps.<br>\u00c9clat de ros\u00e9e, \u00e9tincelles de l\u2019aube, et d\u00e9sert tenace.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, l\u2019obstination, philtre illusoire, se d\u00e9colle,<br>alors il reste des histoires\u2026<br>Sur la cr\u00eate les arbres laissent transpara\u00eetre la lumi\u00e8re.<br>De loin\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Extraits du spectacle) \u00e9crits par Muriel De Borman Alt\u00e9rer Alt\u00e9rer&nbsp;: modifier l\u2019\u00e9tat normal, la vraie nature de quelque chose. 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